Le Chardon #9 : Sur les routes de l’ouest…

inveraray

C’est pas mal, finalement, cette petite chronique : ça me force à me poser, faire un pas de côté chaque vendredi pour me dire : et alors ? Bien ou bien, cette semaine ? Sachez-le, cette semaine, elle allait s’appeler « Oban… Oban masqué ohé ohé » (parce que je viens d’arriver à Oban) mais finalement j’ai eu peur de vous faire tous fuir.

Ô chères listes interminables

Voici, en vrac, plein de nouvelles inspirations qui sont venues s’échouer dans mon cerveau, et quelques liens rigolos

  • Le week-end dernier, j’ai eu deux jours de cours sur l’art écossais, essentiellement peinture, littérature et cinéma (la musique, ça viendra plus tard, et l’architecture, c’est déjà fait). Mes listes de choses à voir se sont considérablement étendues. En vrac : Fishnet, le premier roman de Kirstin Innes, à propos de la prostitution à Edimbourg. Breaking the Waves de Lars von Trier : je n’ai jamais osé car on m’a dit « c’est trop triste pour toi », mais je crois qu’il est temps. Une histoire sur la religion dans les Hébrides extérieures. Jackie Kay, une poète contemporaine dont on me vante tant le travail, qu’il faut que je lise absolument.
  • La vie de Patrick Geddes : il est indescriptible. Sociologue, biologiste, botaniste, philosophe, urbaniste… Un grand créateur, mu par ses idées, qui a contribué à sauver Old Town, à Edimbourg. Voilà plusieurs mois que j’en apprends de plus en plus sur lui, mais cette semaine, je mets les bouchées doubles. D’ailleurs, Patrick Geddes a passé les dernières années de sa vie à Montpellier. Je n’ai pas encore trouvé les détails, mais il semblerait qu’il y soit enterré. Si parmi vous, quelqu’un a entendu parler de ça, ça m’intéresse vivement !
  • La vidéo du comédien écossais Daniel Sloss, invité dans une émission américaine, a beaucoup tourné. Il y a fait un sketch sur l’histoire glauque de la ville. Je la mets dans la liste parce que ça m’a pas mal fait réfléchir sur l’intérêt de ces histoires à l’emporte-pièce qui sont racontées à tout va sans que des recherches ne soit entreprises. D’un côté, c’est marrant, de l’autre, c’est triste de voir l’histoire d’Edimbourg résumée à trois blagues de peste et de fantômes…
  • J’ai vu un petit concert sympa à Glasgow : Eabhal. Un petit groupe écossais tout jeune et tout chou, avec une chanteuse qui chante en gaélique. Ca m’intéresse pas mal, en ce moment, de voir tous les usages actuels de cette langue, surtout chez les nouvelles générations. Et il n’est pas impossible que je m’offre une petite semaine de cours intensifs, car ce serait sympa de pouvoir lire et expliquer en direct les panneaux en gaélique sur la route !
    ebhal

Finir, recommencer

Écrire ces mots depuis Oban, aujourd’hui, est tout un symbole. Oban, c’est l’une de mes petites villes favorites en Ecosse. Un abri, une porte vers les îles, un port cocasse, recroquevillé sur lui-même. D’un coup, je réalise… Cette semaine, j’ai mis un point final à plein de trucs. La vie de manager d’hostel – j’en ai déjà fait des tonnes, je ne vais pas en rajouter -, est vraiment finie, et c’était presque étrange de ne pas aller au bureau lundi matin, mais faire une visite guidée. Tout un symbole. J’ai passé l’un des premiers grands examens de ma formation de guide, et je l’ai réussi. Après des mois de travail acharné, c’est un soulagement profond. Je suis maintenant accréditée, si vous voulez, pour prendre en charge des groupes francophones ou anglophones à Édimbourg. Vous vous doutez bien que cette accréditation n’est pas obligatoire, et heureusement, mais moi, elle m’apporte beaucoup. J’ai tellement progressé en six mois ! J’ai aussi enfin fini et envoyé ma deuxième dissertation. La première était sur la géologie de l’East Lothian, une région d’Ecosse, et ce coup-ci, c’était une question historique (mes préférées !) mais encore une fois, lire des ouvrages académiques et écrire des pages en anglais sans faire de vannes, pour moi, c’est un sacré challenge. Enfin, j’ai renvoyé la dernière version, maintes fois corrigée, des chapitres du Guide Évasion Écosse à paraître chez Hachette bientôt. Je ne pourrai à présent plus faire de retouches, mon rôle dans cette aventure s’achève. C’était assez angoissant de se convaincre qu’il fallait envoyer, qu’il fallait boucler. Mettre un point final. Je ne sais pas pourquoi ça ne m’a jamais fait ça pour publier dans un quotidien papier, et pourquoi l’intensité du stress fut différente pour un ouvrage qui sera vendu en librairie…
Quand il sortira, on vous organisera un petit concours ! À gagner, il y aura le guide Évasion Écosse ainsi que la nouvelle édition de Un Grand Week-End à Édimbourg, auquel j’ai également contribué, et qui est, je crois, paru cette semaine. Je vous en parle dès que je reçois mes exemplaires !

edimbourg

Il est maintenant l’heure de se consacrer à des projets plus personnels. Dès l’envoi de mes derniers fichiers à Hachette, je me suis remise à travailler sur mon projet de Grand Jeu à Édimbourg. Il s’agira d’un jeu de piste grandeur nature dans Old Town, sur la thématique de la roche et de tout ce qu’elle cache : sculptures, façades, gravures, sous-terrains… Je mettrai en avant le personnage de Patrick Geddes, un Écossais passionnant.
Je ne vais pas en dire plus car il se peut, bien sûr, que mes idées évoluent encore… Dès que l’écriture des énigmes sera finie, on s’occupera de la mise en page et de l’illustration, du développement de la version en ligne, et hop, on vous le dévoilera !

En route vers Mull

Ce vendredi, accompagnée de ma petite Audrey tout droit arrivée du Portugal, j’ai pris la route pour l’Ouest et ça fait un bien fou. Ma mission : préparer le terrain pour les visites en groupe que j’accompagnerai cet été. C’est du plaisir, donc, mais aussi et surtout du travail. Malgré la pluie, nous avons passé une magnifique journée : après 1h30 de voiture pas des plus folichonnes entre Edimbourg et la sortie de l’agglomération (interminable) de Glasgow, enfin, on s’échappe : Dumbarton, puis le beau Loch Lomond, que je n’avais pas vu depuis plusieurs mois. Au lieu de s’arrêter à Luss, on a fait la pause à la pyramide d’Inveruglas, pour son point de vue imprenable sur le lac.

 

Après cette pause, direction Arrochar et la route « Rest and Be Thankful » qui nous mène jusqu’à Inveraray. Inveraray, voilà un article qu’il me tarde d’écrire, avec ses maisonnettes blanchies à la chaux et son château étonnant. Ce coup-ci, le château est fermé, mais on se paye quand même un petit tour de la bourgade et une planche de poisson fumé au Bramble Café. Le rêve. A partir de là, je rentre en « route » inconnue, car je me suis toujours rendue à Oban en… transports en commun ! La route est très agréable, elle me donne envie de la parcourir à vélo. Un jour. Quand j’aurai un vélo, quoi.

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne (et démarre sous la pluie, sans doute) nous embarquerons à bord du ferry pour Mull. Il me tarde de découvrir cette île que j’ai toujours observée depuis Oban, ou alors depuis le ferry pour d’autres îles… La météo ne s’annonce pas dingue mais ça n’a aucune importance. Je me réjouis de voir Iona, son abbaye, ses plages…

Et voilà pour aujourd’hui ! Ce week-end, je posterai quelques images de notre voyage sur les réseaux sociaux, et je reviendrai en début de semaine avec un nouvel article sur le blog.

En attendant, je vous souhaite à tous un merveilleux week-end !

Sarah

Journaliste de formation, je me suis installée en Ecosse à l'été 2015. Au programme : des rencontres, des belles histoires et des kilomètres de route. Pour rendre tout ça possible, je travaille le matin dans une jolie petite auberge de jeunesse et j'écris l'après-midi...
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1 Comment

  • Pour ma part je trouve ton premier choix de titre très bon ! Chanson française un peu « kitsch » certes, mais jeux de mots très très drôle 😀
    Ma cousine, qui habite en Ecosse, m’a toujours dit que Mull est sensationnelle comme île. Et qu’elle l’a préfère de loin à l’île, très populaire de Skye (si on devait choisir).
    J’ai visité aucunes des deux, mais ça me tarde !
    En tout cas, en attendant j’ai hâte de lire ta prochaine chronique sur ton séjour à Mull !
    Depuis mon Canada très froid, ta chronique me fait du bien au cœur et aux yeux, continue surtout 🙂

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