Oban, l’île de Mull et Glenfinnan en 4 jours : une idée de roadtrip en Ecosse

iona

Voici un itinéraire de roadtrip qui mêle tout ce que l’Ecosse a de meilleur à offrir : des ports illuminés, des routes sinueuses, des côtes déchirées, des moutons par milliers et quelques sommets enneigés, vers Oban, Mull, Glenfinnan et les Trossachs. Vous pouvez commencer ce roadtrip à Edimbourg ou à Glasgow, et je vous recommande de prévoir quatre jours entiers (c’est un minimum!) pour en profiter pleinement. Petit détail : cet article est écrit un dimanche soir, dans un pub, près de la cheminée ronflante. Pour vous mettre dans l’ambiance.

Jour 1 : De Edimbourg à Oban, en passant par le loch Lomond et Inveraray

Petit matin à Edimbourg : les affaires sont prêtes, la voiture nous attend, la route aussi. Après un trajet pénible pour sortir d’Edimbourg et sur la M8 jusqu’à la périphérie ouest de Glasgow, on sent enfin que l’on se détache de la ville, que les tours se délitent derrière nous, que la verdure nous invite et que l’île de Mull nous attend, au loin. En passant le Erskine Bridge, je sens la ville s’effacer derrière moi, et la nature prendre plus d’espace. Nous filons vers le loch Lomond, laissant Dumbarton derrière nous (vous pouvez vous y arrêter pour visiter son château, où Marie Stuart fut cachée dans son enfance avant d’être envoyée en France. Le château est perché sur une immense roche volcanique et offre une très belle vue panoramique sur la Clyde). Au lieu de s’arrêter à Luss, un petit village « pittoresque » (mignon mais un peu trop faux) au bord du loch Lomond à partir duquel on peut embarquer pour une petite excursion. Nous préférons faire une pause à la pyramide d’Inveruglas, une magnifique construction en bois, sur laquelle on peut grimper, pour avoir une vue profonde sur le loch Lomond. Une pause parfaite après environ 2h de route.

loch lomond

Nous mettons ensuite le cap sur Inveraray, une petite bourgade absolument adorable que j’ai découverte il y a quelques mois. Je consacrerai un article entier à Inveraray et à son château dans les prochaines semaines, car je pense que la ville le mérite. Malheureusement, lors de notre passage, le château d’Inveraray était encore fermé pour l’hiver (c’était un peu le cas partout, c’est normal quand on voyage début mars… La fin de l’hibernation, ici, c’est dès avril…), nous nous sommes donc contentées d’une petite promenade dans les quelques rues de la bourgade, tellement chou avec ses maisonnettes blanchies à la chaux. On prend le déjeuner à Bramble Café, en craquant, forcément, sur un plateau de poissons fumés.

inveraray

Je me réjouis tellement pour l’étape suivante : je reviens enfin à Oban, l’une de mes premières destinations hors d’Edimbourg en 2015, le point de départ de toutes les aventures dans les îles de l’ouest. La route est absolument magnifique et nous arrivons vite tout au bout, aux portes d’Oban. Je me surprends à connaître les routes, à réagir comme si je connaissais cet endroit comme ma poche. Hop, on fait le plein – nous conduisons une voiture hybride qui ne consomme pas beaucoup, mais… dans le doute – et on va se poser à Corran House, la guesthouse/hostel où j’aime bien passer la nuit à Oban. Après un bon dîner au Waterfront Fishhouse, on se laisse choir sur les bancs du pub Oban Inn, où un petit groupe local commence un long set de reprises américaines des années 70. L’auditoire adore, nous aussi.

oban oban

Si vous voulez passer plus de temps à Oban, ne vous privez pas ! Voici un article que j’avais écrit lors de ma première visite. A Oban, on peut découvrir la (très bonne) distillerie locale, quelques cafés sympa, la McCaig Tower et surtout… La cabane à fruits de mer !

Jour 2 : De Craignure à Tobermory sur l’île de Mull, en passant par l’île d’Iona

Le lendemain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne écossaise, nous sommes déjà au volant, prêtes à monter sur le ferry Oban – Craignure, l’un des petits ports de l’île de Mull. Nous étions mentalement prêtes pour une journée de pluie incessante : le doute s’installe lorsque l’on voit le ciel se dégager à mesure que le ferry quitte le port d’Oban. A peine arrivées sur l’île, c’est l’euphorie qui nous prend : le soleil est là, on enchaîne sur une « single track road » direct – les routes juste assez larges pour une voiture seulement, où l’on laisse courtoisement passer les gens qui viennent en face – et il y a des moutons partout ! Avant de démarrer, une dame s’était arrêtée sur la route pour savoir si je « faisais partie de l’équipe de tournage ». Face à ma tête circonspecte, la dame répète : « mais tu sais, le film que l’on tourne aujourd’hui, tu es là pour ça? ». J’hésite, je dis non, et je me renseigne à l’office de tourisme : en effet, on tourne un film d’horreur sur l’île de Mull aujourd’hui !

lismore lighthouse mull single track road mull highland cow

Nous prenons la route de Fionnphort, à l’autre bout de Mull, où nous attraperont le ferry pour l’île d’Iona. Il faut compter une bonne heure de route, un peu plus si l’on s’arrête (difficile de résister, tant les paysages sont grandioses). Si vous avez le temps, explorez les routes secondaires qui se raccrochent à la A849, elles se terminent souvent en cul de sac, sur une jolie plage. J’ai particulièrement aimé la plage de Ardchiavaig…

mull plage

Visiter l’île d’Iona, au large de l’île de Mull

L’île d’Iona a un statut à part en Ecosse. Ce petit ilôt d’un kilomètre sur six compte une centaine de résidents à l’année. Mais depuis des lustres, l’île est continuellement visitée : par des touristes aujourd’hui, et par des croyants, il y a quelques siècles. En 563, le moine Columba, venu d’Irlande, y fonde une abbaye et commence à développer le christianisme en Ecosse. Cette abbaye est encore debout et est un lieu absolument magique à visiter : des siècles durant, des pèlerins se sont rendus à l’abbaye pour honorer Saint Columba, et aujourd’hui, on peut encore se balader à loisir dans l’abbaye. Le musée, surtout, est à ne pas manquer pour comprendre les siècles d’histoire liée à cette abbaye pas comme les autres. Comme par magie, le grand soleil disparaît alors que nous quittons l’abbaye, et l’averse de grêle la plus violente de ma vie se déclenche. Drôle d’ambiance.

iona iona iona iona highland cow iona abbey iona abbey

Le ticket d’entrée pour visiter l’abbaye coûte £7.50, et on peut utiliser un audio-guide en français si on le souhaite. Pour connaître les horaires d’ouverture de l’abbaye d’Iona, rendez-vous ici.

Pour accéder à l’île, il faut prendre le ferry piéton. Votre voiture vous attendra à quai. Consultez les horaires sur le site de Calmac. Bonne surprise : il est possible de payer en carte bancaire, même sur le bateau directement quand il n’y a pas d’agent à terre. A part l’abbaye, il y a un petit musée consacré à la communauté d’Iona, quelques boutiques, et un couvent en ruines. Je n’ai pas eu la chance de parcourir la partie ouest de l’île, moins peuplée, ce sera pour la prochaine fois. Le site Walkhighlands propose également plein de randonnées, pour tous niveaux.

iona ferry

A l’ouest de Mull…

C’est le coeur serré que l’on laisse Iona derrière nous. On se lance alors dans bout de route de dingue : la route B8035 puis B8073, si étroite, aux lacets si noueux, où l’on traverse des sections vertigineuses. A ma gauche, la mer, à ma droite, la falaise. Mais ça vaut vraiment le coup et je suis tout heureuse de me trouver à l’aise, au volant. Ca y est, j’ai définitivement pris le pli !

mull mull

Idées de pause sur la route : l’île d’Ulva, que l’on peut atteindre en prenant un petit ferry (population de l’île : 5), que je compte bien visiter la prochaine fois. Eas For Waterfalls, une cascade à découvrir après une petite rando, quelques miles après Ulva Ferry. Et enfin, la magnifique baie de Calgary, l’une des plus belles plages de l’île !

Tobermory, une capitale de 700 habitants

Nous arrivons à Tobermory, affamées (oui, j’ai oublié de vous dire : mangez avant de vous lancer dans la route de l’ouest de l’île… ) mais contentes. Nous comptions nous arrêter dans la jolie verrière de Mull Cheese Farm, qui semble magnifique avec sa vigne intérieur mais le café était fermé et nous avons discuté avec les propriétaires, qui étaient en plein jardinage. Tobermory, surtout en hiver, est une petite bourgade endormie. On y admire surtout les façades des maisons de Main Street, très colorées, et ses petites boutiques artisanales. Nous arrivons pile à temps pour la dernière visite de la distillerie de Tobermory de la semaine. Le petit musée du village, malheureusement, est encore fermé… Mais il a l’air plutôt chouette !  La soirée se finit encore une fois au pub, où nous profitons du rythme hivernal pour rencontrer la jeunesse de Tobermory et des alentours. On attendait avec impatience la « soirée disco » de DJ Mayo, mais elle a malheureusement été annulée. Le manager du bar, par dépit, sans doute, décide de nous jouer un album entier de Linkin Park à la place.

tobermory mull

Jour 3 : Adieu Mull, cap sur Glenfinnan et Glencoe

De Tobermory, on peut prendre le ferry vers la péninsule d’Ardnamurchan, mais malheureusement, il ne fonctionne pas le dimanche. Pareil, je garde le plan pour la prochaine fois, mais je vous encourage vivement à découvrir ce petit coin secret d’Ecosse. Le lendemain, nous prenons le ferry de Fishnish à Lochaline, alors que l’alerte neigeuse commence à se faire menaçante. On serpente, doucement mais sûrement, le long du loch Sunart, jusqu’à Glenfinnan.

Autre déception : le petit musée de la gare est fermé, jusqu’au mois d’avril. Nous nous contentons donc de jeter un oeil au bon vieux viaduc et au Glenfinnan Monument, une colonne surplombée d’une sculpture d’Highlander, en hommage aux victimes des soulèvements jacobites des 17ème et 18ème siècles. Pourquoi ce monument se trouve-t-il ici ? Car c’est à Glenfinnan que Bonnie Prince Charlie rassembla ses troupes, avant de commencer la campagne de 1745, qui se solda par une lourde défaite en 1746 à Culloden.

glenfinnan glenfinnan glenfinnan glenfinnan

Voyant le ciel se charger encore plus, nous prenons la route pour Fort William, où l’on prend un auto-stoppeur : Timi, un jeune Espagnol installé en Suède, et qui se promène tranquillement dans la région. Nous allons vivre un truc assez fou avec lui… Une tempête de neige commence alors que nous approchons de Glencoe, et nous traversons cette vallée pittoresque comme s’il s’agissait de l’Antarctique. Une partie de moi est déçue pour ma copilote Audrey et Timi, qui ne verront rien des volumes des Three Sisters ou de Rannoch Moor, mais je sais que nous vivons quelque chose d’assez inoubliable.

glencoe

Nous arrivons donc tout doucement à Tyndrum, à l’entrée du parc national du loch Lomond, où nous avions commencé cette aventure. Nous déposons Timi à Crianlarich, où il essayera de trouver une voiture pour Glasgow ou se rabattra sur un train, et nous, nous allons gentiment nous poser près de la cheminée du Ben More, où nous allons aussi passer la nuit.  Même si le lieu est un peu vieillot, nous sommes conquises : un vrai feu de bois, du tartan partout et des vieilles cartes de l’Ecosse… Pendant que la neige se remet à tomber, dehors. Plus cosagach que ça, tu meurs !

crianlarich

Jour 4 : Rentrer à Edimbourg en passant par les Trossachs

Un peu étonnées de trouver le soleil, nous faisons marche arrière après un bon Scottish breakfast (le premier, pour Audrey!) car je tiens absolument à lui montrer Artisan Café, une petite église transformée en boutique d’artisanat et en café. J’adore cet endroit, découvert par hasard en mai dernier lors de mon exploration pour l’écriture du Guide Evasion Ecosse, à paraître chez Hachette en juin prochain. Nous roulons ensuite jusqu’à Callander, où l’on profite du soleil pour faire la courte mais jolie randonnée jusqu’aux Bracklinn Falls, des cascades qui se trouvent au dessus du petit village. Maintenant, on sent que l’on mérite un bon déjeuner à Venachar Lochside, un autre endroit découvert lors de mon précédent passage et que j’avais tout bonnement adoré. On s’offre une magnifique planche de poissons fumés, puis on fond devant les gâteaux du jour. C’est juste trop de beauté.

crianlarich neige crianlarich bracklinn falls venochar lochside

L’après-midi, nous nous arrêtons au loch Katrine pour une petite balade (sur la rive, cette fois, pas sur le loch). Si nous étions mieux équipées, nous aurions sans doute refait l’ascension de Ben A’an, plutôt facile, et surtout, absolument bluffante quand on découvre le panorama sur le loch Katrine. Je vous en dis plus dans l’article publié l’année dernière à propos des Trossachs et des environs du loch Lomond

loch katrine

Après une dernière petite pause à Aberfoyle, on remet le cap sur Glasgow puis Edimbourg.
500 miles, donc, auront été nécessaires pour vivre cette aventure. C’est parfaitement jouable : environ 3h de route par jour. Cet itinéraire aurait encore été plus agréable avec un jour en plus, pour faire une vraie pause au milieu. Mais c’était pour moi un peu particulier, car je suis sur le terrain pour préparer mes visites de cet été, ce n’était donc pas à proprement parler des vacances…

N’hésitez pas à poser vos questions en commentaires, et bonne route à vous !

Sarah

Journaliste de formation, je me suis installée en Ecosse à l'été 2015. Au programme : des rencontres, des belles histoires et des kilomètres de route. Pour rendre tout ça possible, je travaille le matin dans une jolie petite auberge de jeunesse et j'écris l'après-midi...
Sarah
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2 Comments

  • C’est moi ou tu as plagié Victor Hudo avec ton heure qui blanchit la campagne à l’aube ? :p
    Trêve de plaisanterie, c’est toujours un plaisir de lire tes aventures écossaises. Il me tarde d’y retourner ! 😀 xx

  • On avait fait quasiment le même parcours l’année dernière. Avec une pause à Glen Coe, une pause sur Mull, un retour sur le continent à Lochaline, un passage à Glenfinnan, et… une tentative de traversée Mallaig – Armadale. Haha !
    (Finalement, Mallaig – Fort William – Eilean Donan Castle – Uig !)

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