Edimbourg, du côté des souterrains

edinburgh underground

Le centre ancien d’Edimbourg, s’il frappe par sa densité, renferme également des dizaines d’espaces souterrains, témoins d’une époque où chaque espace de la capitale était utilisé. Quelques traces de cette « ville souterraine » sont encore visibles aujourd’hui… Visiter les souterrains d’Edimbourg permet de comprendre le quotidien des plus pauvres au XVIIIe et XIXe siècle, et d’entendre quelques histoires de fantômes.

Edimbourg, criblée de souterrains

A la fin du XVIIIe siècle, Edimbourg est une ville en pleine expansion. On développe le quartier de New Town, pour les habitants les plus riches, la ville s’étend bien au-delà de ses fortifications. On pratique une sorte d’urbanisme de sandwich qui consiste à empiler les baraques, les étages, les escaliers. Ainsi naît la ville labyrinthique et tridimensionnelle que nous arpentons aujourd’hui. Les familles riches, les marchands, vivent dans les hauteurs : les derniers étages de ces hauts bâtiments longilignes leur sont réservés : plus de lumière, moins d’odeurs. Les rez-de-chaussée et les caves, eux, sont laissés aux familles les plus pauvres qui, sous la pression, creusent toujours plus bas dans les entrailles d’Edimbourg. Dans ces caves, aucune lumière ne filtre, il fait humide et froid, l’intimité est inexistante. Marcher le long des « closes » qui débouchent sur le Royal Mile permet de réaliser dans quelles conditions misérables les habitants les plus pauvres d’Edimbourg survivaient.

 

A peu près à la même période, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, le fameux pont South Bridge est construit pour faciliter la circulation entre la partie nord de la ville (New Town, Leith… ) et le sud (université…). Ce pont fou n’enjambe aucune rivière, aucun fleuve, juste un autre niveau de la ville. C’est assez compliqué à réaliser. Enserré entre les bâtiments, on peut facilement oublier qu’il s’agit en réalité d’un pont. Un vrai pont, avec 19 arches, dont on ne voit que celle qui enjambe Cowgate. Dans ces arches, une infinité de caveaux ont été d’abord mis à disposition de commerçants plus ou moins douteux, qui ont utilisé cet espace comme stockage. On raconte qu’une distillerie de whisky a même été installée dans ces caveaux, appelés « vaults » par les Edimbourgeois. Mais peu à peu, les négociants ont abandonné cet espace, qui fut alors investi par les plus démunis, qui y ont élu domicile, au début du XIXe siècle. J’ai entendu dire que c’est seulement dans les années 80 que des preuves de vie souterraine ont été découvertes dans ces caveaux.

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Ce qui se passe sous vos pieds quand vous marchez le long de South Bridge…

Je suis tombée sur ce documentaire très cheesy de Planète. Adeptes de sensationnalisme, vous allez apprécier. Mais il donne au moins des images concrètes et permet de mettre en lumière d’autres lieux souterrains : les caveaux du château d’Edimbourg, le tunnel ferroviaire et Gilmerton Gove, à l’extérieur de la ville.

Comment visiter les souterrains d’Edimbourg ?

Aujourd’hui, ces espaces souterrains sont privatisés, gérés par des compagnies touristiques et il n’est pas possible d’y accéder tout seul. Deux options possibles pour découvrir ces espaces en plein centre-ville : visiter Mary King’s Close ou suivre un « underground tour ». Budget : entre 10 et 16 pounds pour chaque activité.

Vous pouvez réserver vos billets pour Mary King’s Close directement en suivant ce lien.

Mary King’s Close, je vous en ai déjà parlé dans cet article consacré au Royal Mile. Conséquence de « l’urbanisme de sandwich » dont je vous parlais plus haut, cette rue a été tout bonnement condamnée pour permettre aux City Chambers d’être construites juste au dessus. Ce qui a permis de conserver cette rue en l’état. Aujourd’hui, on peut donc la visiter, et se rendre compte de la difficulté du quotidien des pauvres Ecossais. Des galeries, des pièces noires, des murs humides : voici les derniers témoignages laissés de cette époque. D’une manière très théâtrale, les guides racontent comment les maladies ont successivement touché les habitants de la ville. En prime, et comme toujours, on a droit à quelques bonnes vieilles histoires de fantômes, sur lesquelles je passe. Malgré le côté très, voire trop, ludique et sensationnalisant, j’ai bien aimé la visite de Mary King’s Close. Il faut s’imaginer qu’à l’époque, tous les closes fonctionnaient de la même manière, mais aujourd’hui, tout a été comblé, refait, assaini. Intéressant.

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Il y a peu, j’ai aussi suivi un « underground tour », pour découvrir ces fameux « vaults », les caveaux de South Bridge.

Pour réserver vos places sur la visite des souterrains en français, « Fossoyeurs d’Histoire », suivez ce lien ! 

Après une petite balade depuis le Royal Mile jusqu’à Cowgate, on passe une petite porte discrète, qui ne se distingue en rien de toutes les autres. On se retrouve dans une sorte de cave aux hauts plafonds, où le guide s’écoute parler pendant un bon quart d’heure avant de nous mener à travers les galeries. Avant de partir, il prend bien soin de cadenasser la porte par laquelle nous sommes entrés. Nous traversons quelques caveaux, et c’est intéressant de voir comme certains sont chauds et humides alors que d’autres sont froids. Le temps est passé à écouter des histoires morbides, incluant sang, cadavres, fantômes et cris d’enfants. Niveau d’intérêt, pour moi personnellement : zéro. J’ai envie de me balader toute seule avec une lampe de poche dans ces caveaux. De sentir l’ambiance, de profiter du silence mais aussi de l’obscurité totale.

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En finissant le tour, je demande au guide comment s’organise l’accès à ces espaces. Chaque compagnie exploite une partie des caveaux – ce qui veut dire qu’on peut voir différentes parties si on suit différents tours. Il m’explique aussi que le tout est possédé par une seule et même personne, un peu mafieuse et compliquée. Les organismes touristiques payent donc un loyer pour pouvoir emmener des visiteurs sur un itinéraire donné. Il en existe plusieurs : Mercat Tours, City of the Dead… Nous n’avons pas de recommandations particulières.

Quand le tour s’achève, je reste un peu sur ma faim. J’aurais préféré visiter une plus grande partie des souterrains, avec un guide qui serait plus archéologue ou historien que beau-parleur. Mais je suis heureuse d’avoir vu ce qui se trame sous South Bridge et dorénavant, je penserai à cette myriade de petites caves sous mes pieds, dès que je le traverserai.

Pour écrire cet article, j’ai lu le livre « The town below the ground » de Jan-Andrew Henderson, qui explique en détail l’histoire des souterrains d’Edimbourg. Très bon éclairage sur l’histoire de l’urbanisme de la ville. Toute une partie s’intéresse aux histoires de fantômes : décidément, on ne peut pas leur échapper !

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Sarah

4 Comments

  • « On pratique une sorte d’urbanisme de sandwich qui consiste à empiler les baraques, les étages, les escaliers. » Sarah L., historienne de la ville.

  • Bonjour Sarah,
    Tout d’abord merci pour toutes ces sources d’informations, précieuses pour bien préparer un séjour.
    Nous vous avons découverte en regardant échappées belles. Depuis lors, mon petit garçon rêve de decouvrir l’Ecosse. J’ai fini par trouver votre blog… hourra.
    Alors voila sejour en famille en août. Plus de place dans votre auberge, ce sera pour une prochaine. Nous sejournerons donc a Leith… Et oui vous avez réussi a me convaincre.
    J’ai déjà pas pas avancé dans l’organisation grace a vos conseils.
    Par contre, j’aurais bien aimé visiter les sous sols d’Edimbourgh mais en français car ma petite famille doesn’t speak english…
    Visiblement votre expérience n’a pas été tres concluante mais auriez vous tout de même des guides a nous conseiller ? Mercat tour propose une visite en français. Qu’en dites vous ? Autre idée ?
    Dans l’attente de vous lire, peut etre pour d’autres conseils.
    Merci par avance.
    Céline

    • Hello !
      Alors oui, Mercat propose une visite guidée en français, qui pourrait vous convaincre 🙂 Sinon, si vous allez sur notre page « Réserver une visite guidée » vous verrez que nous avons une visite guidée « ghost tour », proposée par mon amie Emilie, qui est passionnante. N’hésitez pas 🙂

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