skye scotland

Un van, trois copains, cinq dés (pour jouer au yam) et trois jours de liberté : voici les ingrédients pour un road-trip inoubliable sur l’île de Skye, sans doute l’île la plus célèbre d’Ecosse. Récit d’une aventure pleine de surprises.

Un van magique pour explorer Skye

Il faut dire qu’on s’y était pris comme des manches. Comme des débutants à peine sortis de l’oeuf, nés de la dernière pluie, ce qui prend encore plus de sens quand on écrit depuis Edimbourg. A quelques jours de l’arrivée de mes vieux copains Alice et Sina, nous n’avions pas de van, pas d’itinéraire, pas d’hébergement (normal, on pensait trouver un van). On comprend doucement que le dernier week-end d’août est vraiment très chargé (comme tous les autres mais encore pire) sur l’île de Skye et dans les Highlands, effet fin de vacances agrémenté d’un petit jour férié qui tombe le lundi, normal. On commence tranquillement à paniquer devant toutes les réponses négatives de loueurs de véhicules, quand finalement, Jérémy de California Scotland nous annonce, avec un sourire dans la voix, qu’il vient de recevoir une annulation. Et surprise, pour l’occasion, il nous fait une belle ristourne.

scotland campervan skye

Flashback : vendredi après-midi, on prend possession du carrosse qui sera notre havre de paix pendant plusieurs jours. On peut y circuler et y dormir à quatre. Il est mieux équipé que mon propre appartement avec ses deux becs de gaz, son évier, sa réserve d’eau, ses ustensiles de cuisine, ses milliards d’options. Tellement différent de mes habitudes de camping ! Grâce à Cali, notre joli van, nous sommes totalement indépendants et nous pouvons nous arrêter où bon nous semble pour la nuit, sur l’île de Skye et ailleurs, dans le respect des règles écossaises en la matière.

Pause déjeuner à Balmaha, au bord du Loch Lomond

Après avoir quitté Edimbourg sous le soleil du petit matin, nous faisons une première halte à Balmaha, qui est également une étape de la West Highland Way (ah, c’est pour ça, toutes ces voitures…). Nous sommes là au coeur du parc national du Loch Lomond, accessible très facilement en voiture ou en bus depuis Edimbourg.

A Balmaha, on commence par un bon casse-croûte à The Oak Tree Inn, où Alice goûte à son premier fish & chips écossais. On louche sur le crumble proposé en dessert, avant de se rappeler que l’on a un objectif : atteindre le sommet de Conic Hill, une immense colline chauve qui domine la baie. Quatre kilomètres aller-retour, avec, à la clé, la rencontre avec nos premiers midges. On ne vous oubliera jamais, les copains…

loch lomond balmaha scotland

La récompense est encore meilleure qu’un crumble : une magnifique vue sur le Loch Lomond et ses îles. La balade prend deux grosses heures, parfaite pause dans une journée de road-trip.

Première nuit en rose et rouge à Arisaig

On reprend la route, cap à l’ouest. Après une pause « courses » à Fort William (bah oui, on avait oublié les sacs poubelles), Alice pose le doigt sur une petite route qui a l’air bien vide dans le coin d’Arisaig, juste à côté de Mallaig, d’où nous prendrons le ferry pour Skye le lendemain. Elle a du nez, Alice.

Avant d’en dire plus, je vous conseille vraiment de dégoter des cartes topographiques au 1/50000e des coins où vous roulez, ça aide beaucoup pour trouver un coin calme. Nous entrons donc dans le joli village d’Arisaig en se disant que mince, comme il y avait quelques nuages, on ne verrait peut-être pas de coucher de soleil. On s’enfonce quand même juste qu’au bout de la petite route que nous avons choisie, avant de découvrir LE spot parfait pour arrêter le van et sortir la table pour l’apéro. Nous sommes face à ce qu’on pense être les iles d’Eigg et de Rum. Je commence à sentir que mes Hébrides ne sont pas loin. Tout est calme. Pas de vague, une maison en pierres abandonnée, juste nous et une petite barque amarrée sur la plage de galets noirs.

On sort les olives, les bouteilles, et puis soudain, un truc se passe dans le ciel. Nous sommes au théâtre et nous ne savons pas ce qui nous attend. Chronologie de couleurs :

arisaig sunset scotland

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Et la même… Au petit matin.

Cap sur Elgol et Talisker Bay, à l’ouest de Skye

La veille, nous avions réservé la place pour notre van sur le ferry de 11h. C’est une vraie journée d’été dans l’Ouest, et c’est excités comme des gosses que nous embarquons sur le ferry, après avoir fait une toilette de chat dans les  toilettes du port.

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Nous n’avons pas encore de plan d’attaque pour Skye. On ne le dit pas trop mais on a un peu envie d’éviter les foules de ce « dernier week-end des vacances ». Après l’arrivée à l’embarcadère de Armadale, sur Skye, on va se poser sur une petite terrasse ensoleillée pour réfléchir, les yeux sur la carte. On décide d’aller vers l’ouest, au bout de chaque route. On contournera les Cullin Hills, les plus hauts sommets de l’île, en s’arrêtant au gré des photos.

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Cet angle d’attaque nous emmène jusqu’à Elgol, un vertigineux village bâti sur les flancs raides de l’île. Moutons partout. Soleil encore. On déplie la table pour le pique-nique, on se fait un yam face à une vue majestueuse – tiens, d’un coup, c’est les vacances.

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Pour la seconde partie de la journée, nous décidons d’aller explorer Talisker Bay, une plage de cailloux au bout d’une autre route. Le passage pour y accéder est tout simplement magnifique, on se sent à des années-lumière de toute forme de vie humaine. La plage, ceinte par une falaise, est tout simplement magnifique. Et peuplée uniquement de… moutons. On est loin de la Grande-Motte. Sur le retour, surprise : une famille de paons.

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Nous nous trouvons un magnifique petit point de vue pour passer la nuit sur les hauteurs de Portnalong. Et comme demain, on annonce gris, ce soir, c’est barbecue !

Faire coucou à Neist Point et puis rentrer à Portree

Matin numéro 2. Le ciel est un peu plus couvert, le vent un peu plus mordant. On a besoin d’un peu de chaleur et on décide donc d’aller demander dans un petit hostel si on peut utiliser une douche. Theresa, la maîtresse des lieux, nous regarde avec un air malicieux puis lâche un « ok ». Pendant que certains se décrassent, les autres écoutent à tour de rôle les petites histoires de la saison qu’elle achève en ce matin même. Elle est un peu fatiguée, Theresa. Elle a envie de déménager dans un pays chaud.

Avec sa bénédiction, on reprend la route en direction de Neist Point, le fameux phare blanc que l’on voit souvent sur les photos. La route pour s’y rendre est absolument dingue. En chemin, Alice aperçoit même des phoques. – en tant que manager « wild life », j’ajoute avec joie une entrée sur ma liste des animaux vus en route : faisans, paons, vaches, moutons, mouettes, et… Phoques !

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Une fois arrivés à Neist Point, on ne descend pas vers le phare – je n’avais pas vraiment vu qu’il y avait un chemin et que tous les autres visiteurs s’y dirigeaient – on ferme bien nos coupe-vents et on commence à grimper la colline, gorgée d’eau ces jours-ci. De là, sous le vent ravageur, on savoure une magnifique vue sur le phare et les falaises qui l’entourent. Bluffant !

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Après un déjeuner à Dunvegan, on décide d’aller explorer Waternish, une péninsule qui s’étend après le château de Dunvegan. Encore un bout de route à notre actif. Celui-ci est assez touchant : il vente et il pleut, mais c’est magnifique. Tout au bout, on aperçoit une petite baie, avec une maison perdue, tout au bout. On en a vu plein, des maisons perdues. Mais celle-ci vient nourrir encore un peu la discussion que l’on a eue durant tout le trajet, sur la vie isolée. Viendrions-nous vivre ici ? La vue est reposante et poétique. Tout va bien.

Voyant que le ciel ne s’éclaircira plus, nous prenons alors la route pour Portree, où l’on fait un petit tour rapide de la localité avant de se trouver un petit coin tranquille et abrité du vent hors de la ville. On se met tout à côté d’une maison abandonnée – même pas peur – et on se fait nos derniers macaronis, notre dernier yam.

Au matin, Sina et Alice prennent la route de Uig, où le ferry pour l’île d’Harris et Lewis les attend. Et moi, je cavale pour attraper le bus Citylink qui me ramènera (en… 8 heures !) à Edimbourg, en passant par Inverness.

De l’île de Skye, nous n’avons vu qu’un infime fragment. Je pars, pas vraiment déçue de n’avoir pas vu les classiques Fairypools, Old Man of Storr et compagnie. Je reviendrai quand tout sera plus calme. A la place, j’ai vu Talisker Bay, le sourire de Theresa et le bout de pas mal de routes.

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