West Highland Way – Reprise en douceur, ou presque

Vous commencez à la connaître, cette fameuse randonnée des Highlands, la West Highland Way… Mais chaque jour apporte son lot de surprises, alors on continue !

WHW – Introduction

Jours 0 et 1- De Milngavie à Drymen

Jour 2 – De Drymen à Rowerdennan

Jours 3 à 5 – De Rowardennan à Crianlarich

Jour 6 – De Crianlarich à Tyndrum (10 km)

Réveil de bon pied bon oeil, je me sens en pleine forme pour reprendre la route à pied. Mais d’abord, il faut raccompagner Valentine à la gare. Ce sont des adieux déchirants mais nous savions que ça ne pourrait pas durer (Ce n’est pas toi John, c’est moi…).

En repartant de la gare, on se perd un peu dans le village. Encore, vous allez me dire ? Oui, encore, je vous ai prévenus que je n’ai pas le sens de l’orientation. Donc voilà, trois maisons, une gare et on ne retrouve plus la West Highland Way. Mais ne nous décourageons pas, on va demander à cette gentille dame qui a trois gamins dont un dans une poussette, elle nous indiquera bien la direction. Que nenni ! Elle s’enflamme et nous accompagne à travers la forêt pour nous mener directement devant la grille marquée du symbole des chemins de randonnées. Je rappelle qu’elle a une poussette et que nous sommes dans une forêt sans réel chemin… La gentillesse des Ecossais m’émerveillera toujours.

Donc nous revoilà dans une forêt, sur un petit sentier qui circule entre les conifères. Il faut sans cesse faire attention à l’endroit où l’on pose nos pieds et je me dis que je risque de chuter à n’importe quel moment, maladroite et encombrée que je suis. Je sens qu’on descend vers la vallée petit à petit et les arbres commencent à laisser la place à de vastes étendues vertes. Finalement, le sentier prend un vrai air de sentier de terre battue. On reconnait bien là la vieille route militaire.

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Forcément, ce qui devait arriver, arrive alors… Je n’ai pas fait trois pas sur le chemin plat que ma cheville flanche et je m’étale par terre de tout mon long. Tao et moi fixons pendant un moment l’endroit où j’ai trébuché : il n’y a rien. Pas une pierre sur laquelle buter, pas une ficelle dans laquelle s’emmêler, pas un trou béant dans lequel poser son pied. Rien qui aurait pu me faire tomber mais voilà, c’est ma spécialité : mettez-moi dans des rochers et je vais sauter tel un cabri sans me planter une seule fois. Mais ma kryptonite à moi, ce sont les routes et les trottoirs parfaits. Je me fais avoir à tous les coups. Il n’en reste pas moins que je saigne maintenant. On croise un autre couple qui nous propose de l’aide. Ne vous inquiétez pas mes braves, nous sommes des randonneurs de l’extrême, on a pensé à la trousse de secours! Je me retrouve donc avec un gros pansement tout propre et nous pouvons continuer notre chemin.

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En suivant le chemin, nous arrivons vers la rivière Fillan qu’on va longer un petit moment. Jusqu’à ce qu’on aperçoive Kirkton Farm. C’est là que se trouve le prieuré de St Fillan, un moine Irlandais venu en Ecosse convertir les Pictes et les Scots au VIIème siècle. On déambule à travers les tombes pendant un temps en se demandant s’il était monnaie courante d’avoir des cimetières dans les fermes. C’est le premier cimetière écossais que je vois et il y règne une ambiance spéciale : bucolique, mélancolique… J’aime assez je dois dire.

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Mais la pause est finie, il faut repartir. On arrive très vite à Tyndrum. Ah, Tyndrum… Que dire sur Tyndrum ? Je n’irais pas jusqu’à dire que c’est moche mais pas loin. A l’entrée du village, un énorme site de camping s’étale sous nos yeux, avec campings cars, tente et petites cabanes, appelées huts ou wigwams. En contrebas, la route principale traverse pubs, stations-service et magasins en tout genre. On sait d’office qu’on aura pas de mal à trouver où manger ce soir.

On a décidé un peu plus tôt dans la journée de louer une des petites cabanes, juste pour tester, parce que ça a l’air marrant. Je réalise que c’est un bon compromis entre le camping et l’hôtel. A l’intérieur il y a deux lits, sans drap ou couverture, mais aussi des petits lampes de chevet et des prises de courant pour brancher un chargeur par exemple. Très pratique et ça ne nous aura coûté que 20£ pour la nuit.

Jour 7 – De Tyndrum à Bridge of Orchy (11 km)

La route de Tyndrum à Bridge of Orchy suit toujours la Old Military Road.

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Le sentier déambule à travers les montagnes où broutent tranquillement les moutons. Les paysages sont superbes mais la plupart du temps j’ai du mal à faire abstraction des voitures qui passent au loin. Nous sommes assez proches de l’A82, la route principale qui relie Glasgow à Inverness, et je vois les véhicules rouler à toute vitesse. On ne les entend pas vraiment mais j’ai toujours du mal à marcher avec des voitures pas loin. Je me dis toujours que je n’avance pas aussi vite que je le pourrais/souhaiterais.

Mais la journée se déroule sans encombre et on décide de s’arrêter à l’hôtel de la gare. Quand je dis l’hôtel de la gare, je ne rigole pas : les bâtiments de la gare ont été rachetés par un gentil petit couple qui les ont transformés en gîte pour randonneurs : un dortoir d’une quinzaine de lits et une salle à manger pour prendre le petit-déjeuner et le délicieux dîner cuisiné par la maîtresse des lieux.

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Nous devons attendre le soir pour que la chose la plus extraordinaire de la journée se produise : attablés devant notre repas, on discute avec les proprios. Une communication leur arrive et l’ambiance change du tout au tout. On nous explique qu’un accident de train s’est produit un peu plus loin sur la ligne. Apparemment une tentative de suicide. Une de leur connaissances a été dépêchée sur les lieux mais il a besoin d’un remontant après ce qu’il a vu. Et effectivement, quelques instants plus tard, un homme arrive et s’attable. On lui sert à boire et ils nous explique vaguement ce qu’il s’est passé. C’était pas joli à voir. Oui, je veux bien te croire, mon gars. Il a un fort accent écossais, de Glasgow je pense. On comprend à peine ce qu’il raconte mais il a besoin de parler, alors on écoute avant de repartir vers nos lits douillets.

Bizarre, comme soirée…

Camille

Animatrice et fan de dodos et de licornes, je me suis installée en Ecosse après un coup de foudre en 2014. Pérégrinations champêtres, dégustations gastronomiques et vagabondages citadins sont devenus mon quotidien et je m'en réjouis un peu plus chaque jour.
Camille
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