Bien moins connue que la West Highland Way, la John Muir Way est un chemin de randonnée qui court de Hellensburgh, sur la côte ouest de l’Ecosse, à Dunbar, sur la côte Est. Elle relie en fait le premier parc national d’Ecosse à la ville natale de John Muir, qui fut en quelque sorte le créateur des parcs nationaux. J’ai parcouru l’une des dix étapes de cette randonnée, de Dunbar à North Berwick, par une belle journée de printemps, en famille. Environ 25 kilomètres, entre 5 et 6 heures de marche. Verdict : c’est un très bon moyen de passer une journée à l’extérieur d’Edimbourg !

Quitter Dunbar en longeant le terrain de golf

Si j’ai déjà visité Dunbar en octobre dernier, je n’avais qu’aperçu son chemin côtier. Après avoir admiré le petit port et les ruines du château de Black Agnes, nous nous lançons donc sur la John Muir Way, qui commence de la plus belle des façons : un petit chemin sinueux le long des falaises de la côte, pleine vue sur la mer du Nord. On aperçoit déjà Bass Rock, au loin, l’île blanchie d’oiseaux qui fait face à North Berwick, notre destination. Motivation. L’objectif est à portée de vue !

Le Law de North Berwick, au loin...

Le Law de North Berwick, au loin…

Malgré un vent très violent et déstabilisant, nous progressons et nous longeons le golf de la commune, en prenant bien garde de ne pas être en ligne de mire des joueurs. Au bout du golf, une magnifique surprise nous attend : la plage de Dunbar, immense, mouvante, brillante. Probablement l’une des plus belles vues de la randonnée. Selon le sens que l’on choisit, on peut en profiter en début ou en fin de parcours…

Après s’être laissés attendrir par une fratrie de jeunes agneaux aux abords d’une sorte de ferme pédagogique, nous décidons de – déjà – faire notre pause déjeuner, après 1h30 de marche. Certains membres de l’équipe ont faim ! On s’assoit au bord d’une petite plage, un décor de rêve, pour déguster nos sandwiches (et nos chips au haggis. Oui. On a osé.)

 

De là, le chemin s’éloigne de la côte pour s’enfoncer dans les terres : on passe d’un petit bois à des champs de toutes sortes. Un bâtiment retient notre attention : c’est Preston Mill, l’un des derniers moulins à eau à avoir été utilisé dans la région de l’East Lothian. Le bâtiment est magnifique, avec son petit toit tordu. J’apprends que certaines scènes de la série Outlanders ont été tournées autour de ce moulin, ce qui ne m’étonne pas du tout.

Une pause… Et un détour hors de la John Muir Way

Sachant qu’en Ecosse, les villages ne sont pas toujours mignons (il faut que vous le sachiez) je ne m’attendais pas à grand chose quant à cette petite commune traversée par la John Muir Way. Mais arriver dans le village est une vraie petite joie : on a envie de faire une pause café ! Le village est adorable, avec son église, ses maisonnettes en pierres, son salon de thé et son petit pub. On souffle, et on visite un petit antiquaire. Le village semble tranquille, hors du temps, vraiment paisible, par cette belle après-midi d’avril.

Mais il faut reprendre la route. A ce niveau là, on a déjà fait la moitié du chemin et il reste alors environ 7 miles à parcourir. On sort du village en traversant une véritable forêt de laurier et on revoit enfin le Law, la colline pointue qui domine North Berwick. Je blague : « c’est bon, on y est dans 32 minutes, à ce rythme ». Et, alors que nous ne cessons de souligner ô combien le chemin est bien aménagé et balisé, on tombe dans un piège : des travaux en cours sur le chemin de randonnée ont vraisemblablement fait disparaître quelques panneaux et nous prenons la mauvaise direction. Nous décidons d’essayer de rejoindre le chemin originel malgré tout un peu plus loin, aidés de notre carte. Mais c’est sans compter les ruisseaux, les barrières, les domaines privés. Nous estimons avoir perdu une heure dans ce petit détour, néanmoins intéressant, et nous décidons de nous remotiver à l’aide d’un carreau de chocolat lorsque nous retrouvons enfin notre fil rouge.

La dernière partie de la marche est sans doute la plus éprouvante : nous commençons à fatiguer et nous avons l’impression de ne pas avancer. Face à nous, le Law. Et notre chemin ne fait que longer champ après champ, continuellement. Enfin, on s’approche, et on rigole un peu quand on voit des jeunes courir – littéralement – vers le sommet de la colline abrupte. On passe notre tour pour cette fois…

The Law - North Berwick

The Law – North Berwick

Nous arrivons à North Berwick à la fin de la journée, lorsque le soleil est sur le point de se coucher. Magnifiques lumières sur les façades de la côte, on se laisse émerveiller avant d’être rattrapés par notre appétit… L’histoire se finit autour d’un bon plat de poisson puis d’un train de retour vers Edimbourg, les mollets endoloris.

L’idée parfaite pour une escapade hors d’Edimbourg

Nous avons opté pour cette balade lors de la dernière journée d’un séjour de trois jours. Déjà assez sûrs que la journée allait être belle grâce à la météo, nous ne nous sommes pas pressés le matin et nous avons pris le train à 10h15 d’Edimbourg pour être au port de Dunbar, au début de notre épopée, à 11h. L’aller simple adulte coûte 8 pounds. Il est également possible de rejoindre Dunbar en bus. Il est donc parfaitement possible de se décider le matin même si la journée convient pour une telle randonnée.

Si les 5 à 6 heures de marche peuvent rebuter, il faut garder en tête que la marche est très plate et très simple. Pour moi, qui ne suis pas passionnée de randonnée, j’ai apprécié de suivre un chemin très varié, où l’on voit autant de plages, de relief, de petites forêts que de villages. Du côté de la faune et de la flore, nous avons également été servis : lapins, faisans, lièvres, canes et canetons, oies, chats, chiens… Nous avons, finalement, croisé bien plus d’animaux que de marcheurs.

Cette rando facile ne nécessite pas vraiment d’équipement particulier : pas de grimpette au programme ! Cela dit, le chemin peut être boueux, voire très mouillé, par endroits.

Après trois jours de visites très urbaines, cette randonnée a été une parfaite bulle d’air, qui a vraiment fait du bien à tout le monde. La prochaine fois, on le fait dans l’autre sens !