Après la parution de la première partie de mon abécédaire de l’Ecosse, voici la suite, de N à Z… Un grand merci à tous ceux qui ont agrémenté le premier opus de superbes suggestions. A vous pour la suite !

N comme « Nae Worries » 

Pour commencer de manière optimiste, voici l’une des expressions écossaises les plus courantes. « Nae worries », qui veut tout simplement dire « pas de problème », « sans soucis ». En roulant les R, si on peut. Cette expression est utilisée par tous, pour ponctuer les phrases, et elle fait toujours du bien quand on l’entend. Elle dépeint bien la manière de voir la vie de plusieurs Ecossais : sans inquiétude, avec optimiste et positivité. En ces temps difficiles – je reprends cet article en mars 2020 – je pense que c’est tout indiqué.

O comme Orcades

Ah les Orcardes… Ou Orkney, en anglais. Cet archipel se trouve au nord de l’Ecosse. Il est fabuleux car il regorge de vestiges archéologiques, comme Skara Brae, en photo ici, et d’îlots rocheux. On peut même y prendre l’un des plus courts vols commerciaux du monde, qui ne dure qu’une minute et trente secondes, entre Westray et Papa Westray, deux îles des Orcades.

J’ai eu la chance de visiter cet archipel une fois, en octobre 2016. Mon oncle Jean-Marc est venu me récupérer à Edimbourg à bord de son Acadiane des années soixante réaménagée et on a mis le cap sur les îles. Ce fut un voyage dans le passé à différentes échelles…

P comme Passing Place

Si vous avez déjà conduit dans les Highlands, vous voyez de quoi je parle ! Les « passing places » sont réparties sur les routes écossaises trop étroites pour permettre de passage de deux véhicules simultanément. Lorsqu’on voit un véhicule arriver face à nous, il faut prendre une décision rapide : celui qui sera le plus près de l’une de ces bretelles, à droite ou à gauche, s’arrêtera pour laisser passer l’autre. Comme en montagne, les très gros véhicules ou les véhicules en montée ont la priorité, en général. Le bon sens prime, bien sûr.

Q comme Queen

La Reine Elisabeth, vous le savez, règne aussi sur l’Ecosse. Sans commenter l’attachement des Ecossais à leur reine, fort variable, on ne peut nier qu’il existe un lien fort entre elle et l’Ecosse. Tout d’abord, sa maman y est née, au château de Glamis. La soeur de la Reine, Margaret, est également née dans ce château. La Reine Mère, morte en 2002, avait également un autre château, tout au Nord de l’Ecosse, Castle of Mey. Elle y a passé beaucoup de temps, et quand on le visite aujourd’hui, on peut en apprendre beaucoup sur sa vie.

Depuis le règne de la Reine Victoria, la famille royale possède également le Balmoral, un château au jardin merveilleux, qui se trouve dans les environs du village de Braemar, dans les Cairngorms. Il est visitable aujourd’hui, quand la Reine n’est pas présente. Cependant, on ne peut voir qu’une petite partie de son intérieur, mais les jardins valent vraiment le coup.

Mais le château que vous avez peut-être aperçu si vous avez visité Edimbourg, c’est Holyrood Palace. La résidence officielle de la famille royale. Construit au début du XVIe siècle par les Stuart, et toujours utilisé aujourd’hui lors des visites officielles.

On a l’embarras du choix si l’on veut voyager sur les traces des reines ! Par ailleurs, j’avais écrit ce petit article rigolo sur la reine Marie Stuart et mon album Panini. J’ai un autre article romantique qui arrive sur l’histoire d’amour entre la reine Victoria et l’Ecosse…

glamis castle scotland
Glamis Castle, entre Dundee et Aberdeen…

R comme tous les Robert d’Ecosse

Je pensais continuer sur la thématique royale : R comme Robert the Bruce, l’un des plus grands rois d’Ecosse, dont vous pouvez découvrir une partie de la vie dans le film Outlaw King, sorti sur Netflix en 2018. Mais en fait, je n’ai pas trop envie de vous parler de sa vie, passionnante bien sûr, mais plutôt de la sur-représentativité du prénom Robert dans l’histoire écossaise ! Robert Burns, le poète, Robert Adam, l’architecte, Robert Stevenson, l’ingénieur, grand-père du romancier éponyme, Robert Thomson, l’inventeur du pneu… J’ai l’impression de les retrouver partout, ces Robert écossais. Mais maintenant que j’y pense, les James, Charles et autres John pullulent aussi. Difficile, parmi tous ces messieurs, de voir briller les Elsie, les Nicola, les Joanne, les Marie, les Muriel… A ce propos, n’oubliez pas que nous avons un petit article sur d’intéressantes femmes écossaises.

S comme Shetland 

Parmi toutes les îles, tous les archipels, que j’ai eu la chance de visiter en Ecosse, les Shetland m’ont vraiment éblouie. Cet archipel plutôt plat, dénué d’arbres, mystique, inaccessible (12h de ferry ou 2h dans un coucou) éveille beaucoup la curiosité. Il se trouve au point le plus septentrional du pays, à hauteur de Bergen. D’où sa culture presque plus scandinave qu’écossaise…

J’ai eu la chance d’y aller trois ou quatre fois et de le découvrir avec une famille locale, Shetlandaise depuis des générations. J’ai pu m’immerger dans leur parler si différent et si intéressant, et parcourir l’île principale, Mainland, de part et d’autres. J’ai écrit plusieurs articles sur le sujet, pour vous aider à préparer votre prochaine aventure !

shetland

J’aurais pu choisir… le shinty, un sport écossais que vous allez adorer, Walter Scott, ou le saumon écossais.

T comme Tatties

Sans doute l’un de mes mots écossais préférés : the tatties, c’est… les patates ! Difficile de faire un voyage en Ecosse sans goûter les pommes de terres locales, en purée, frites, en robe de chambre… Quand vous commandez un haggis, il est accompagné de « neeps and tatties » : une purée de navets et une purée de pommes de terre. Miam !

Dans les Highlands, on peut parfois repérer, sur les collines, des lignes droites, côte à côte. Ce sont souvent ce que l’on appelle des « lazy beds », des champs de patates improvisés. Au 19ème siècle, la pomme de terre est la base de l’alimentation des familles écossaises, surtout à la campagne. Dans les années 1850, les Highlands d’Ecosse ont été frappées par la famine de la pomme de terre, comme un peu partout en Europe, et surtout en Irlande. Les patates sont attaquées par le mildiou, ce qui poussent beaucoup d’Ecossais à quitter les Highlands.

U comme Université 

Je parie que certains lecteurs ont eu la chance d’étudier en Ecosse, notamment grâce au programme Erasmus ! L’histoire des universités écossaises est passionnante, et très liée à l’histoire politique et religieuse du pays. La première université crée fut celle de St-Andrews, dès le XVème siècle, suivie par Glasgow, puis Aberdeen, et puis Edimbourg. Au XVIème siècle, aiment rappeler certains, l’Ecosse compte plus d’universités que l’Angleterre !

Aujourd’hui, il y a une quinzaine d’universités, toutes très intéressantes et très à la pointe. Malgré les complications liées au Brexit, ces universités feront tout ce qu’elles peuvent pour continuer à accueillir des étudiants européens, alors ne baissez pas les bras si c’est votre désir… Notez également que nombre de ces universités peuvent se visiter, comme celle d’Aberdeen où les locaux centraux de l’université de Glasgow, dans le West End.

aberdeen université

V comme Vélo

Après avoir cherché un bled écossais commençant par V (spoiler : il n’y en a pas !) je me dis que ce serait rigolo de vous parler de vélo. Non pas que je pédale énormément… Mais c’est juste l’occasion de relayer le très bon article écrit par mon amie et collègue Déborah, qui est passionnée de vélo et d’aventures en tous genres et qui a eu la gentillesse d’écrire un article pour French Kilt, détaillant son merveilleux voyage à vélo en Ecosse, dans les Highlands. Il est à découvrir juste ici. 

Ecosse à vélo. Photo Deboray Gay et Jérôme Fort
Arrivée au Loch Ness !

W comme Whisky

Là, c’est comme si je n’avais pas le choix ! W, il faut forcément parler de whisky. L’importance économique et culturelle du whisky est phénoménale en Ecosse : à en croire la Scotch Whisky Association, 40 bouteilles sont exportées chaque seconde et plus de 20 millions de tonneaux sont en train de maturer un peu partout dans le pays. Pas mal, pour un pays de 5,5 millions d’habitants ! Il y a plus de 130 distilleries de whisky en activité en Ecosse, et la plupart sont visitables. On s’intéresse surtout aux distilleries préparant du « single malt », un whisky issu d’une seule et même distillerie, par opposition aux blends, des mélanges de différents whiskies. Certains sont tourbés et ont un  goût fumé, quand d’autres ont des goûts sucrés et caramélisés.

Personnellement, j’en connais encore très peu sur le whisky, mais j’adore apprendre. Et ce qui me plait surtout, ce sont toutes les histoires liées au whisky !

Avez-vous un petit préféré ?

 

X comme X-Crafts 

Celui-là, je suis allée le chercher loin. Pas facile de trouver un mot en X sans tricher… L’histoire des X-Crafts en Ecosse, je l’ai apprise en préparant mes circuits dans le Nord de l’Ecosse. Elle va vous faire voyager au temps de la Seconde guerre mondiale. Les X-Crafts étaient de petits sous-marins, juste assez grands pour accueillir quelques membres d’équipage et capables de larguer des bombes. En 1943, quelques soldats écossais sont appelés pour une mission spéciale : attaquer le Tirpitz, un énorme navire de guerre allemand, stationné en Norvège.

Plusieurs lochs écossais, dont ceux près du village de Kylesku, furent utilisés pour former ces marins, choisis pour cette mission difficile. C’est d’ailleurs de là qu’ils partirent pour leur mission. Pour s’en rappeler, un mémorial a été érigé près du pont de Kylesku. Le dernier survivant de cette opération, John Lorimer, est décédé en décembre dernier, à l’âge de 97 ans.

Y comme Yes

Si vous avez voyagé en Ecosse, vous avez peut-être repéré des panneaux, drapeaux ou pins disant tout simplement « YES ». Ce mot tout simple fut le slogan de la campagne pour l’indépendance de l’Ecosse, lors du référendum de 2014 sur la question, perdu par les indépendantistes. Six ans plus tard, pas mal de drapeaux sont toujours là, et certains les ont même agrémentés d’un « Still » pour dire « toujours oui ». Comme ça, vous saurez la prochaine fois que vous verrez un drapeau dans un jardin !

Z comme  Zepplin 

Là aussi, je vous sors une histoire de derrière les fagots ! Et celle-ci, elle date de la Première guerre mondiale. Durant les deux guerres mondiales, l’Ecosse a payé un lourd tribut humain en envoyant de nombreuses forces sur les fronts européens. Mais on parle assez peu des attaques ayant eu lieu sur le sol écossais en lui-même. En 1916, par exemple, un bombardement en zepplin a eu lieu à Edimbourg. Le but de l’action était de provoquer la Royal Navy, la marine britannique. 23 bombes ont été jetées par les appareils aériens allemands sur Leith et Edimbourg (les deux bourgs n’étaient pas encore réunifiés) faisant 13 morts et une vingtaine de blessés. Des entrepôts près du port, George Heriot School et quelques pubs de Grassmarket furent détruits ou endommagés. Une bombe atterrit même sur l’esplanade du château d’Edimbourg !

 

J’espère que ce petit abécédaire amoureux de l’Ecosse vous aura fait sourire et vous aura permis de vous évader un petit peu. N’hésitez pas à ajouter des termes à cet abécédaire dans les commentaires ! 
Par ailleurs, étant probablement privée de mon travail de guide pour les prochains mois, je pense à faire une petite série d’histoires écossaises, en vidéo ou en audio, pour quand même utiliser toutes les anecdotes et faits historiques que je me suis tuée à apprendre ces dernières années. Qu’en pensez-vous ? 

5 Comments

  • J’adore! Et en plus j’ai appris plein de trucs. Je ne savais pas que la reine mère était née à Glamis Castle (alors que j’étais allée au château pour son marché de Noël) et je n’avais jamais entendu parler des X-crafts ni du bombardement à Edimbourg!
    Voici quelques-unes de mes suggestions:
    N pour Neesick, le nom shetlandais du marsouin
    O pour orque (oui, c’est assez axé mammifère marin, à cause de mes vacances à Shetland l’été dernier ^^)
    Dans les Robert, j’ajoute Robert Robertson, chanteur de Tide Lines et ex-chanteur de Skippinish!
    S pour selkie, ça marche pour le nom des phoques à Shetland et la légende.
    T pour thistle (ou bien C pour chardon ^^), et
    V pour vent, un bon vent à décorner les licornes 😉

    Merci pour ce très chouette article, ça m’a fait une bonne pause!

    • Merci Julie !
      Ah oui j’adore les Selkies, j’aurais pu y penser… Tu as aussi tout à fait raison pour Robert Robertson, le roi de tous les Robert !

      Merci pour le partage qui m’a bien fait glousser !

  • A Edimbourg, en 1874, Jack nait le jour le plus froid du monde et son c?ur en reste gele. La sage-femme le sauve en remplacant son c?ur affaibli par une horloge. Jack survivra a condition de ne pas eprouver d’emotions fortes : pas de colere et, surtout, ne pas tomber amoureux. Mais une femme a lunettes, petite chanteuse de rue, touchera le c?ur de Jack qui se lancera dans une quete amoureuse qui le menera d’ Ecosse jusqu’en Espagne .

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